Contexte
Les hérissons sont un maillon important du réseau de la faune urbaine, mais ils sont en fort déclin. Plusieurs causes à cela: l’urbanisation croissante qui fragmente leur habitat, la diminution drastique de leur nourriture à cause des traitements chimiques (pesticides et anti-limaces) utilisés dans les jardins et une mortalité en hausse à cause des routes et des tondeuses automatiques. Ce sont pourtant des alliés au jardin puisqu’un hérisson dévore à lui tout seul des dizaines de limaces par nuit! Nous avons donc besoin de les protéger, ne serait-ce que pour préserver nos salades. Nombreux sont les quartiers où aucun humain n’a vu ce petit animal depuis longtemps. Pour remédier à cela, NARIES a lancé une Mission Hérissons en collaboration avec le groupe Biodiversité de l’Association de Sauvegarde du Vallon Martin (ASVM) et le Centre de Réadaptation des Rapaces (CRR) de Bardonnex.
Le projet
Le quartier du Vallon-Martin, à Chêne-Bougeries, est une zone résidentielle dans laquelle de nombreuses propriétés s’enchaînent. Elle est bordée par deux grandes routes: la route du Vallon à l’Est et la route de Malagnou au Sud. A l’intérieur, elle n’est parcourue que de petites rues où la vitesse de circulation est réduite grâce à des dos d’âne ou des chicanes. Ce quartier a également la chance d’être habité par de nombreux propriétaires soucieux de l’état de la biodiversité à Genève. Plusieurs d’entre eux ont déjà à coeur d’avoir des jardins naturels qui laissent libre cours à une nature sauvage en limitant les entretiens et en prohibant les produits chimiques. Tontes différenciées, création d’étangs, parterres fleuris, hôtels à insectes, abreuvoirs à faune, nichoirs à oiseaux, passages à faune, les mesures favorables à la faune urbaine sont déjà nombreuses, et c’est la raison pour laquelle NARIES et le groupe Biodiversité ont pensé qu’il pourrait s’agir d’un bon environnement pour relâcher plusieurs hérissons et reformer ainsi une petite population.
Chaque année, ce sont des centaines de hérissons qui sont recueillis par les différents centres de la région. Certains arrivent blessés et y sont soignés, d’autres sont récupérés affaiblis en pleine saison hivernale. Tous restent dans ces centres jusqu’au retour des beaux jours, et sont ensuite relâchés, pour autant que des zones propices soient trouvées. C’est ce point qui fait malheureusement souvent défaut, car il n’est pas aisé de trouver suffisamment de territoires qui correspondent à leurs besoins. Les hérissons sont en effet des animaux urbains qui ne peuvent être relâchés en pleine nature n’importe comment.

Au cours d'une réunion avec le Groupe Biodiversité du Vallon-Martin, nous avons décidé d'initier le projet Mission Hérissons et de contacter différents propriétaires pour voir s'ils étaient intéressés à participer.

La décision est prise! En collaboration avec le Centre de Réadaptation des Rapaces de Bardonnex, nous allons relâcher plusieurs hérissons dans le quartier pour recréer une petite population. Il faut maintenant confirmer quels propriétaires vont accueillir des individus et tout installer.

Des maisons sont récupérées au CRR, une localisation est décidée pour chacune et la liste des aménagements encore nécessaires est faite.

Pour être au clair, NARIES crée une infographie qui explique les pré-requis pour adopter un hérisson. Et oui, ça ne se fait pas n'importe comment!

Pour être certain que tout est en ordre avant les lâchers, NARIES se rend chez les propriétaires pour conseiller ou vérifier l'emplacement des cabanes, les ouvertures dans les barrières et tout ce qu'il faut pour faire un havre de paix pour ces petits hérissons!

Une des conditions requises pour adopter un hérisson est d'avoir un jardin connecté aux autres. Une session de découpage de grillages est donc organisée pour adapter les jardins hôtes qui n'en ont pas encore.

Le Jour J est arrivé! Les individus à destination des jardins qui sont prêts sont récupérés au CRR, nommés, marqués grâce à du vernis à ongle, puis relâchés dans leurs nouveaux domaines!
Evénements marquants

– 13 mars 2026: découverte d’un hérisson sauvage dans une des cabanes installées la semaine précédente.
Les hérissons avaient pourtant disparus du quartier depuis longtemps. C’est donc une jolie surprise que de voir cet individu, alors que le relâcher des hérissons n’a même pas encore commencé.
De bonne augure pour la suite de ce projet!
Plus d’infos
Pour avoir plus d’informations sur les hérissons et sur les centres qui les aident, voilà quelques liens utiles:
– Pro Igel, association qui s’engage pour la protection des hérissons depuis 1988
– CRR Centre de Réadaptation de Bardonnex, qui récupèrent, soignent et replacent des hérissons
– SOS Hérissons, Centre de soin pour hérissons à Genève
– renature.brussels, site de référence sur la nature de Bruxelles





